Analyse

28mn Arte : du doute sur l’efficacité du vaccin Covid-19 à la ritournelle anti-« Fake News »

Si des médias comme ARTE osent parler des doutes au sujet de l’efficacité d’un vaccin contre le COVID-19, il reste un long chemin à parcourir pour atteindre l’indispensable transparence évoquée dans l’émission « 28 minutes » du 21 juillet 2020. Ainsi que le respect de ceux qui remettent en cause le dogme de la vaccination, ou qui se posent simplement des questions à son sujet.

 

Dès le début du reportage fait pour l’émission 28mn sur Arte, les opinions du chercheur Adrian Hill à l’université d’Oxford sont clairement exprimées : « Si l’on arrive à mettre au point un vaccin efficace, les gens pourront retourner à leur vie normale une fois vaccinés, le confinement sera levé, plus besoin de porter des masques et l’activité économique sera rétablie à un niveau proche de la normale ». Une fois de plus, le vaccin est présenté comme la solution pour retrouver une vie « normale ».

 

◆ Des vaccins jamais trouvés
Pourtant, si aucune personne invitée ne remet réellement en cause la vaccination ou plus spécifiquement le vaccin contre le COVID-19, certains intervenants ne semblent pas néanmoins pas très optimistes quant au fait d’en trouver un, et rapidement de surcroît. Est cité en exemple le vaccin contre le SIDA qu’on attendait autour de 1991 et qui n’a jamais vu le jour, juste avant l’intervention d’Arnaud FONTANET, épidémiologiste à l’institut Pasteur : « L’histoire de la médecine du développement des vaccins nous a appris que pour beaucoup de maladies sur lesquelles on a cherché à développer des vaccins depuis des dizaines d’année, on n’y arrive pas. (…) On cherche un vaccin contre le coronavirus du MERS qui est assez proche du COVID-19, qui circule dans les pays du Golfe, sans y être parvenus ». Certes « pas du tout avec les mêmes moyens qui sont développés aujourd’hui. » Et puis on se rend compte que c’est une maladie qui est assez polymorphe. Il y a à la fois des formes qui sont très sévères, qui miment ce qu’on voit avec le coronavirus du SRAS de 2003 ou le coronavirus du Mers. Et puis on a des formes mineures qui miment ce qu’on voit avec des coronavirus saisonniers. Et on sait que la durée de l’immunité n’est pas du tout la même entre ces différents virus. Donc on n’a pas encore une idée précise de quel type de vaccin pourrait être efficace ».


◆ Une efficacité relative et multiforme :

Comme le dit l’un des présentateurs, « il y a le vaccin, et l’efficacité du vaccin. » Le Docteur Anthony Fauci, Directeur Institut US des allergies et maladies infectieuses nous fait part de son avis : « Je doute vraiment qu’un vaccin sera efficace à 100%. Le vaccin le plus efficace que nous connaissons est celui de la rougeole, qui lui l’est à 97 ou 98%. Ça serait merveilleux d’arriver à ce niveau, mais je ne pense pas que ça soit possible. Je me contenterais d’un vaccin qui serait efficace à 70 ou 75% parce que ça nous permettrait d’atteindre l’immunité collective ». Pour atteindre cette-dernière, Arnaud Fontanet énonce qu’il faudrait au moins 50% de personnes immunisées, soit par voie naturelle, soit par le vaccin.  Il précise également : « Attention, il y a différents types d’efficacité : il y en a une qui ferait que vous ne seriez pas infectés, une qui fait que vous ne feriez pas de forme sévère de la maladie, y’en a une autre qui ferait que vous n’êtes pas contagieux pour les autres. On peut imaginer des modalités variables. (…) Il se peut qu’il y ait des vaccins différents pour différents types de populations. Par exemple, une des populations cible, ça va être les personnes âgées (…) Or on sait qu’elles répondent moins bien aux vaccins, ce qui est le cas du vaccin contre la grippe. » Il nous explique que le vaccin de la grippe est efficace pour elles à hauteur de 30% environ et que « pourtant, on les vaccine ».

◆ Un traitement plutôt qu’un vaccin ?
« Est-ce qu’il ne vaut pas mieux chercher un médicament plutôt qu’un vaccin ? » demande un autre présentateur. Arnaud Fontanet répond qu’ils n’ont pas le même rôle : « Le traitement lui, permettra d’éviter des formes graves ou des passages en réanimation ». Aucune évocation des traitements comme l’Artemisia, ou l’hydroxychloroquine, tombées aux oubliettes. Seul un traitement à base d’interféron béta est cité, avec un essai randomisé sur 101 patients. Petite parenthèse : pas de chance pour ceux qui ont reçu un placebo. « Trois des patients (6 %) traités avec le placebo sont morts, tandis qu’aucun décès n’est à déplorer parmi ceux qui ont été traités avec le SNG001. »
Arnaud Fontanet poursuit : « les patients qui font des formes graves sont ceux qui sont incapables de produire de l’interféron alpha et de l’interféron béta. Donc là on a quelque chose qui est très encourageant. (…) Pour l’automne prochain, dans ce qu’on peut attendre des semaines à venir, c’est vrai que je ne serais pas surpris qu’on ait un traitement qui nous permette de limiter le nombre de formes graves, avant qu’on n’ait un vaccin qui soit partiellement efficace ». A voir quel serait le coût de ce médicament, et son degré d’efficacité, par rapport à ceux des autres traitements déjà trouvés ou à venir.


◆ La ritournelle désobligeante  dédiée aux « complotistes »

Au moment du chapitre de l’émission consacré aux personnes qui sont contre la vaccination de manière générale ou contre le vaccin COVID-19 en particulier, ou qui ont des doutes à son sujet, on sort une nouvelle fois les qualificatifs péjoratifs habituels leur étant dédiés : « converties », « complotistes », « anti-vax », adeptes ou victimes des « Fake news ». On semble se moquer des accusations ou suspicions à l’égard de Bill Gates qui sont intégralement balayées en prenant pour exemples les plus extrémistes, comme si ce monsieur n’avait rien à voir avec la vaccination qui se prépare. (Lire notre article à ce sujet)
« Est-ce que le succès de ces discours complotistes pourrait remettre en cause la future campagne générale de vaccination ? » demande une présentatrice.
Nathalie Ernoult, co-directrice de l’Observatoire de la santé mondiale, ne répond pas directement à la question. Elle invoque le fait qu’on n’aura très certainement pas suffisamment de doses pour vacciner tout le monde, et qu’on ne vaccinera en priorité que les populations vulnérables comme le personnel soignant et les personnes âgées. A-t-elle raison ? Si finalement on les avait ces doses, la liberté individuelle de choisir un vaccin sera-t-elle ou non possible ? Et qu’on les ait ou pas, les personnes prioritaires auront-elles le choix de recevoir le vaccin ou non ?

 


◆ L’opacité… citée !

Puis Mme Ernoult a l’honnêteté d’évoquer aussi ce qui n’est pas souvent dit sur les plateaux télé : « le manque de transparence, l’opacité aussi des accords, des discussions qui ont lieu autour de la vaccination, de l’utilité de la vaccination. Le fait aussi qu’on ait une industrie pharmaceutique dont l’objet majoritaire aujourd’hui est de répondre à ses actionnaires plutôt que de répondre à la question de la santé publique. Ça peut créer du doute autour de l’intérêt réel, en tout cas, de l’objectif poursuivi par l’industrie ».
Gaëlle Fleitour, rédactrice en chef adjointe de l’Usine Nouvelle, parle de « la peur des effets secondaires liés aux vaccins. (…) L’industrie pharmaceutique doit apprendre à faire preuve de plus de transparence dans le fait que forcément, comme tout produit de santé, il y a un bénéfice-risque, que le risque fait partie du produit, et donc être capable de communiquer là-dessus. Y compris, là sur ce vaccin, de parler du fait qu’il ne sera pas efficace à 100%, qu’il ne peut pas s’adresser à tout le monde et parler aussi un peu plus de la façon dont c’est fabriqué, est-ce qu’il y a des adjuvants, tous ces sujets qui suscitent beaucoup de phantasmes et qui font qu’il y a toujours beaucoup de polémiques, de discussions sur les réseaux sociaux ».


◆ Transparence, welcome !

Alors oui, de la totale transparence serait la bienvenue, pour que cessent tous types de phantasmes, d’où qu’ils viennent. Que ce soit chez les « anti-vaccins convertis, complotistes, adeptes des Fake news », ou chez les pro-vaccins automatiques contre lesquels on pourrait utiliser les mêmes qualificatifs condescendants, ce que nous allons nous abstenir de faire afin de ne pas accroître le gouffre en train de se créer au sein des populations. S’il y avait totale transparence, peut-être qu’on réaliserait que la vérité est multiple, selon le vaccin duquel on parle, les circonstances sanitaires, le type de population, la région du monde, les composants, etc. Et que la liberté de choisir en toute conscience et grâce à cette transparence serait vraiment un pas de plus vers la paix et l’harmonie.

 

Estelle Brattesani

 

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