schaller-christophe-escroquerie-lyme-NEXUS Santé

Maladie de Lyme : Viviane Schaller et Bernard Christophe sont condamnés

Viviane Schaller et Bernard Christophe, poursuivis dans une procédure portant sur le dépistage et le traitement de la maladie de Lyme, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Strasbourg, le 13 nov. 2014.

© Photo PF / Rue89 Strasbourg

Viviane Schaller, docteur en pharmacie et ancienne gérante d’un laboratoire d’analyses biologiques strasbourgeois (laboratoire Schaller*), a été condamnée à neuf mois de prison avec sursis pour escroquerie. Elle devra payer à la CPAM une amende de 288 000 euros au titre de préjudice et 4?000 euros de frais de justice. Elle a été jugée coupable d’appliquer systématiquement deux tests pour détecter la maladie de Lyme chez ses patients, dont un protocole de dépistage de la borréliose de Lyme non homologué par les autorités sanitaires. Elle a été relaxée de complicité d’exercice illégal de la pharmacie.

Bernard Christophe, diplômé en pharmacie, mais non inscrit à l’Ordre des pharmaciens, a été condamné à neuf mois de prison avec sursis pour exercice illégal de la médecine et de commercialisation de médicaments sans autorisation de mise sur le marché. Le concepteur et producteur du « Tic-Tox », remède à base d’huiles essentielles, devra payer à l’ordre des pharmaciens 10 000 euros de dommages et intérêts et 3 000 euros pour les frais de justice.

Viviane Schaller et Bernard Christophe ont annoncé qu’ils font appel de ce jugement.

Cet épisode judiciaire montre tout le chemin qu’il reste à parcourir pour faire reconnaître cette maladie qui souffre d’un déni affligeant dans les milieux médicaux et les milieux chargés de la santé publique…

« Il y a en France une sous-estimation dramatique de cette maladie », avait déclaré à la barre le Pr Christian Perronne, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) et membre du Haut conseil de la santé publique, lors de l’audience du 23 septembre 2014. Les tests de détection « ont été calibrés il y a 30 ans de manière à ce que cette affection soit rare (…) et on n’est jamais revenu sur ce dogme », avait-il déploré.

 
* Le laboratoire Schaller a dû fermer en juin 2012 sur ordre de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Alsace.
 
DOSSIER OFFERT : « Lyme, une épidémie silencieuse » (32 p.), NEXUS 81 (juil.-août 2012) :

 

Lyme-Nexus-81-web

 

Sur le même thème
Commentaire(s)