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L’homme qui fait pousser plus de 400 variétés de tomates sans eau ni pesticides

À travers son histoire, Pascal Poot, chercheur-agriculteur et producteur bio de semences depuis 20 ans, montre qu’il est possible de cultiver des tomates sans eau ni pesticides.

 

Lorsqu’on la laisse faire, la nature est capable de grandes prouesses. C’est ce que nous démontre cet agriculteur des Cévennes grâce à son expérience. 

Laisser les plants retrouver leur force naturelle 

Installé sur trois hectares à Olmet dans l’Hérault, région au climat très aride et à la terre caillouteuse, Pascal Poot se demandait : « Pourquoi les agriculteurs et les jardiniers se donnent-ils tant de mal à cultiver leurs légumes alors qu’à côté les mauvaises herbes poussent facilement sans rien exiger ? » C’est en essayant de répondre à cette question que Pascal a développé une méthode qui lui permet aujourd’hui de cultiver ses tomates quasiment sans eau ni utilisation de pesticides. « Tout le monde essaye de cultiver les légumes en les protégeant le plus possible, moi au contraire j’essaye de les encourager à se défendre eux-mêmes », explique Pascal. Sa technique est de laisser faire la nature et de récolter les graines chaque année. Celles-ci s’avèrent de plus en plus fortes avec le temps, car elles enregistrent dans leur patrimoine génétique comment se défendre face aux conditions parfois difficiles dans lesquelles elles se développent.

 

Fou ou génie ?

« Au début, on m’a pris pour un fou mais, au bout d’un moment, les voisins ont vu que j’avais plus de tomates qu’eux, et jamais de mildiou, en plus, alors les gens ont commencé à parler et des chercheurs sont venus me voir », raconte Pascal Poot dans un reportage pour le média Rue 89. En effet, dans un contexte de réchauffement climatique et de diminution des ressources, certains scientifiques voient un grand intérêt pour ce nouveau mode de culture. C’est pour cette raison que cet agriculteur autodidacte travaille en collaboration avec des organismes de recherche agronomique. Ces graines sont un espoir face aux crises alimentaires imminentes. Mais contrairement à ce que la liberté du jardin pourrait laisser penser, les graines sont extrêmement réglementées, particulièrement si elles ont pour ambition d’être commercialisées.

Monopole sur les semences

La plupart des légumes que nous consommons sont issus de semences F1 non reproductibles. La majeure partie des groupes semenciers sont également des multinationales agrochimiques qui empêchent quiconque de s’approprier leurs graines. À l’échelon européen, toute variété doit être inscrite au catalogue officiel pour être commercialisée. Les semences reproductibles de Pascal Poot ne peuvent donc pas être utilisées dans l’agriculture conventionnelle. Et c’est depuis seulement 2020 que lui et les associations comme Kokopelli peuvent officiellement vendre leurs graines aux jardiniers non professionnels.

La méthode de M. Poot lui permet d’obtenir des rendements plus élevés qu’en agriculture conventionnelle, en respectant les pratiques de l’agriculture biologique et en répondant aux enjeux auxquels notre monde et notre agriculture vont devoir faire face. Être dans l’anticipation et non dans le constat serait-il trop demander à nos politiques ?

 

👉Soutenez notre magazine en lisant notre article papier  « Semences interdites : hold-up sur la souveraineté alimentaire » dans notre numéro 137 de novembre-décembre 2021

 

Image principale : Pascal Poot sur Pinterest

 

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