Ailerons de requins : une victoire imminente pour les dents de la mer ? News

Ailerons de requins : une victoire imminente pour les dents de la mer ?

La Commission européenne va étudier la possibilité d’une suspension du commerce des ailerons de requins en réponse à une pétition en faveur de son interdiction.

Une décision porteuse d’espoir

Le 5 juillet 2023, la Commission européenne a annoncé qu’elle pourrait interdire le commerce des ailerons de requins sur le territoire européen, en réponse à la pétition soutenue par l’ONG Sea Shepherd, « Stop Finning – Stop the trade », qui a récolté plus d’un million de signatures, avec le seuil minimum atteint dans 15 États membres. Depuis 2012, seulement neuf initiatives citoyennes européennes avaient recueilli le nombre de signatures suffisantes.

En reconnaissant l’importance de préserver les requins, la Commission s’engage à mener une étude approfondie des conséquences environnementales, sociales et économiques de cette interdiction dans l’Union européenne d’ici à la fin de l’année 2023, offrant ainsi un espoir significatif aux militants de la protection des requins.

Un équilibre en déclin

Présents sur Terre depuis plus de 400 millions d’années et occupant le sommet de la chaîne alimentaire, la présence des requins est d’une importance vitale pour assurer le bon fonctionnement de la chaîne alimentaire.

Le commerce des ailerons de requins est reconnu par l’IFAW, le Fonds international pour la protection des animaux comme la principale cause du déclin de ces animaux, une réalité désormais admise par la Commission européenne. Selon le SDR, l’association Sauvegarde des Requins, ce ne sont pas moins de 63 à 273 millions de requins qui sont tués chaque année, ce qui correspond à l’élimination d’une centaine de requins par minute. D’après le dernier rapport de l’ONG WWF sur l’état de la biodiversité mondiale, la population mondiale des requins et des raies océaniques a diminué de 71 % entre 1970 et 2018 et un tiers des requins sont aujourd’hui menacés d’extinction.

Dans le contexte actuel de déclin de ce groupe dite « clé de voûte », où la surpêche et le commerce des ailerons ont un impact dévastateur, une étude réalisée par des scientifiques, dont les résultats ont été rapportés par le National Geographic, mentionne qu’après avoir examiné 371 récifs répartis à travers 58 pays, du Pacifique central aux Bahamas, il a été constaté que près de 20% d’entre eux sont dépourvus de requins.

Un véritable défi pour l’Europe

L’Union européenne continue de figurer parmi les plus grands exportateurs mondiaux d’ailerons de requins. Selon L’Obs, environ 2 300 tonnes d’ailerons de requins sont exportées en moyenne chaque année, générant un chiffre d’affaires d’environ 170 millions d’euros chaque année. Ces exportations concernent principalement des destinations clés telles que Hong Kong, Singapour et la Chine, représentant ainsi près d’un tiers du total mondial. D’après Geo, selon un rapport de l’IFAW, « “l’Espagne est l’un des principaux exportateurs mondiaux d’ailerons de requin”, suivi au niveau européen par “le Portugal, les Pays-Bas et la France” ».

Pour lutter contre ces chiffres alarmants, la Commission européenne avait déjà entrepris d’interdire en 2003 la pratique du « finning », une pêche barbare consistant à couper la nageoire du requin encore vivant avant de le relâcher agonisant dans l’eau. En 2013, une nouvelle mesure a été mise en place pour réguler le commerce des requins : les ailerons ne peuvent plus être coupés avant le débarquement au port.

Enfin, en 2020, la pétition soutenue par l’ONG Sea Shepherd a porté ses fruits, obligeant l’exécutif européen à se pencher sur la question en cette année 2023.

D’autres pistes à l’étude pour aller plus loin

Malgré les mesures déjà mises en place pour réglementer le commerce des ailerons de requins, il reste encore un long chemin à parcourir afin de protéger efficacement ces fascinants prédateurs marins. Des organismes tels que Shark Trust, Shark Research Institute, WWF France et bien d’autres s’engagent à proposer des solutions pour améliorer la situation. Mais ce n’est pas tout, les menaces persistantes telles que la pollution, le réchauffement climatique et la destruction de leur habitat naturel nécessitent une sensibilisation continue du public.

Seule une action collective permettra de garantir la pérennité de ces espèces vitales pour l’équilibre des écosystèmes océaniques. Il est donc impératif que nous travaillions ensemble, pour trouver des solutions durables visant à préserver les requins et leur environnement naturel. Reste à savoir si la Commission répondra par des actes et réglements concrets aux demandes des signataires de la pétition européenne…

 

Article par Jean Perron et Estelle  Brattesani

Image principale par Andrea Bohl

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