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Deux soignants réfractaires au plan blanc en région PACA et à la vaccination obligatoire ont été invités puis censurés par BFM.

Alors qu’un plan d’urgence sanitaire appelé plan blanc est appliqué actuellement en Corse, en Occitanie et en région PACA, une infirmière et un chirurgien membres du collectif soignant 05 ont remis vivement en question cette décision ainsi que l’obligation vaccinale, sans langue de bois, même si des articles relaient qu’il y a de bonnes raisons de dégainer l’artillerie lourde sanitaire. Invités sur le plateau de BFM, leur passage a été ensuite censuré par la chaîne, pour « propos mensongers et fausses informations. »

◆ Des données floues anxiogènes

Le 4 août 2021, le plan blanc a été activé en région PACA. France Bleu parle de « rebond de l’épidémie », de « besoin de renforts » de la part des services hospitaliers. Nous dit que le taux d’incidence dans le département des Alpes-Maritimes, est « le plus élevé de métropole avec 714 cas pour 100.000 habitants ». L’article communique des chiffres qui semblent alarmants : « les patients Covid occupent 30% des lits de réanimation, alors que le taux d’occupation global de la réa est de 83%. L’ARS enregistre 46 % d’augmentation des admissions en soins intensifs. » Comme si le fait que les services de réanimation soient remplis à ce taux-là était exceptionnel. Cette étude datant de 2017 montre pourtant que le taux moyen d’occupation des lits en réanimation est habituellement très élevé : « Le taux d’occupation des lits de réanimation est plus élevé dans le secteur privé que public : 99 % versus 93 %. » 

 

Quant à l’augmentation de 46% en soins intensifs, on ne sait pas s’il s’agit de malades COVID qui en sont la cause. Ni le nombre de personnes au départ qui s’y trouvaient. Si par exemple 2 personnes étaient en soins intensifs, puis le lendemain 4, cela représenterait une augmentation de 100% ! Au passage, nous aimerions également savoir si ces personnes en soins intensifs ont reçu au préalable un traitement précoce dès les premiers symptômes, et si oui, lequel, ou si on leur a demandé d’attendre chez elles avec du Doliprane jusqu’à ce que leur situation empire.
Revenons également sur cette phrase d’introduction : « Avec une quarantaine de patients hospitalisés actuellement en réanimation dans les Alpes Maritimes, Carole Ichai de l’Hôpital L’Archet 1 du CHU de Nice juge que le déclenchement du plan blanc est capital. ». Parle-t-on d’une quarantaine de personnes malades du COVID uniquement ? Parmi elles se trouve-t-il des malades d’autre chose, mais testées positifs ? Des personnes asymptomatiques, mais testées positives ? Que représentent une quarantaine de personnes dans ce département ? Est-ce beaucoup par rapport à d’habitude ? Cela conduit-il à une saturation des services ? Un nombre seul sans élément de comparaison et sans précision est difficile à analyser et peut vite être anxiogène.

◆ Les cas ne sont pas forcément des malades

Quant au taux d’incidence de 714 cas pour 100000 habitants, concerne-t-il des personnes des personnes malades, ou des cas positifs seulement ? Rappelons qu’une partie des tests donne des résultats faux, ou exagérés en raison de leur sensibilité. Selon Ouest France « “À 33 ou 34 cycles d’amplification, on est encore contagieux. À 36 ou 37 cycles, on ne l’est plus car la présence du virus est trop faible”, explique le médecin généraliste Yvon Le Flohic à France Info. (…) “Des tests avec des seuils si élevés peuvent détecter non seulement des virus vivants, mais aussi des fragments génétiques, des restes d’infection qui ne présentent pas de risque particulier – un peu comme trouver un cheveu dans une pièce longtemps après le départ d’une personne”, selon le Dr Mina. »

◆ Des seuils épidémiques biaisés

En ne se basant que sur des cas positifs, et non des malades, déterminés à partir de tests ultra-sensibles, exécutés sur une population massive, comment sortir de la spirale infernale du taux d’incidence élevé ? En période de gastroentérite, un seuil épidémique est également déterminé, pour savoir à partir de quand il y a épidémie. Par exemple en 2016, il était de 173 pour 100000 habitants, comme le détaille Futura Sciences. Mais dans le cas de cette maladie, ce nombre a été déterminé à partir de symptômes comme celui de diarrhée aiguë. La population non-malade n’a pas été testée presque intégralement pour savoir si elle était ou avait été un jour porteuse de ce virus, en cas de transit digestif normal. Sinon, les résultats positifs auraient sans doute explosé, même avec peu de malades. Aurait-on alors annulé les autres interventions et examens prévus ?

◆ Un plan blanc qui change tous les plans

Parce que c’est bien ce genre d’annulation que le plan blanc permet. Comme le détaille La Dépêche : « Le plan blanc inscrit dans la loi depuis 2004 est une réponse des autorités contenant plusieurs mesures permettant de faire face à une situation sanitaire exceptionnelle. Il est activé pour une durée minimale de quatre semaines dans les établissements de santé publics comme privés, afin d’assurer la prise en charge d’un nombre très important de patients. Ainsi, il permet la mobilisation de personnels supplémentaires en fonction des besoins, de rappeler les soignants sur leurs jours de congés pour garantir la continuité des soins, d’augmenter le nombre de lits en réanimation et en hospitalisation des patients Covid et de déprogrammer certaines opérations ou consultations non urgentes. »

◆ Un principe de précaution exagéré ?

Un Plan qui ne correspond pas à la réalité d’après deux soignants de ce département, faisant partie du collectif 05. Invités sur le plateau de BFM le 5 août 2021, ils n’ont pas mâché leurs mots. Nous n’avons d’ailleurs pas trouvé leur intervention sur Youtube, mais sur Odysee, puisque BFM a décidé de censurer leur passage pour propos mensongers et de présenter des excuses.

Nous avons néanmoins décidé de les retrouver et de les retranscrire, afin de voir s’ils ne contenaient tout de même pas une part de vérité, et quels étaient les mensonges en question selon BFM.

L’infirmière Maria Cloarec a lancé le bal : « Eh bien nous, au niveau du plan blanc, on se pose actuellement la question : “Comment se fait-il qu’il ait été déclenché, puisque dans nos services, nous avons toutes les pathologies liées au tourisme, notamment les accidents, les traumatismes crâniens liés aux accidents de montagne ?” Et on se demande où sont les patients COVID qui soi-disant sont supposés submerger nos services. »

« J’invite tous les journalistes à appeler les directions des hôpitaux pour demander combien de patients occupent ses services. »

Le 7 août, d’après ce site, 41 personnes étaient hospitalisées dans le département du 05 (Hautes-Alpes) où travaille Mme Cloarec, dont 1 à réanimation, ce qui a semblé insuffisant pour déclencher un plan blanc à Maria Cloarec, et beaucoup pour la chaîne BFM, outrée.

« Au niveau du collectif 05, en effet, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Nous avons demandé aujourd’hui un rdv à Mme Baghioni , qui est responsable départementale de l’ARS, qui elle est en vacances, alors que nous soignants, nous allons devoir renoncer à nos vacances et nous sommes interdits de démissionner «.

Pascal A., le collègue chirurgien de cette infirmière a également pointé du doigt  les contraintes que ce plan engendre dans les lieux de soins.

« Ces plans blancs désorganisent l’activité réglée et souvent pousse à la baisse cette activité réglée, ce qui d’ailleurs occasionne beaucoup de pertes de chances pour les patients non-Covid. »

« On a beaucoup de recul qu’on est en train de récupérer, mais là, ça risque de donner un nouveau coup de frein à la bonne gestion, à tous les besoins de santé publique. »

◆ Une obligation vaccinale refusée

À la question « Pourquoi être farouchement opposé à l’obligation vaccinale » de la journaliste, le chirurgien répond : « D’abord le mot “vaccin” est un peu gênant dans le contexte, car il s’agit d’une biotechnologie innovante, pour laquelle on a très peu de recul. Certes, elle est censée activer l’immunité, et nous prévenir de l’infection Covid, mais elle a quand même un mécanisme d’action très innovant. (…) On manque beaucoup de données de chiffres, l’évaluation de cette nouvelle technologie est pour le moment très sommaire, notamment en matière de risques. C’est une technologie innovante qui conduit quand même intuitivement à un sacrifice cellulaire de notre organisme en bonne santé, puisque cette ARN n’est pas l’objet que notre immunité va reconnaître. C’est juste un moyen de pirater nos propres cellules, de les transformer en cellules étrangères, pour qu’elles soient ensuite détruites par notre immunité. La chose préoccupante, c’est que du peu qu’on connaisse de cette technologie là et de ce que nous dit Pfizer dans son AMM conditionnelle, c’est que l’ARN messager injecté chez le rat atteint quand même des organes cibles critiques tels que le cerveau, le coeur, les gonades et notamment les ovaires des dames. Ces trois tissus vitaux ont des cellules à capacité régénérative (…) limitée, si ce n’est nulle. Il faut donc savoir que si cette ARN est transcrite et exprimée dans ces tissus là, on va perdre des cellules définitives, ce qui peut conduire dans le cerveau à des dégénérescences et à des maladies cognitives. (…) Et chez les dames, les problèmes de la fécondité, puisqu’il s’agit d’injecter ou de vacciner des femmes jeunes. (…) Le problème c’est que nos autorités ne nous donnent pas tous les chiffres, nous imposent des actions et on n’a pas les garanties, les garde-fous, les données qui pourraient nous rassurer et nous permettre d’accepter ce protocole politique. J’ai du mal à dire “sanitaire”. »

◆ BFM, expert scientifique et voyant

BFM a jugé le passage sur les rats inadmissibles et la chaîne s’est excusée après des personnes  « qui ont pu être influencées par ces fausses informations » , car « ces essais cliniques ont pour objectif de tester les réactions à des doses trop élevées, pour évaluer les dégâts possibles. Et à bien ajuster la dose pour les futures injections, pour les humains ». Pour résumer : BFM juge que les dégâts causés par de hautes doses de vaccins administrées à des animaux ne peuvent toucher les humains, que l’on connaît déjà exactement les doses qu’il faut pour nous afin d’éviter tout effet secondaire sur le long-terme. Si tel était le cas, alors pourquoi continuerait-on les essais cliniques actuellement en cours et pourquoi les vaccins seraient-ils en AMM conditionnelle ?

 

◆ Des soignants en sous-effectifs qu’on veut néanmoins trier

Quant on a reproché au Gouvernement de supprimer des lits, un argument a souvent été avancé pour le contrer : nous manquons de  « personnel qualifié ». Situation qui n’est pas propre au Covid, mais également à d’autres situations sanitaires, comme l’indique la conclusion de cette étude, réalisée dans les services de réa néonatals, en 2003 déjà : « Le principal déficit ne semble pas porter sur le nombre de lits autorisés mais sur les moyens matériels et humains nécessaires à leur fonctionnement. La situation des Dom Tom est particulièrement préoccupante. »
Et aujourd’hui, alors qu’une épidémie nécessitant d’ouvrir un plan blanc approcherait et qu’on manque de personnel qualifié, on interdirait des soignants, qui traversent les vagues épidémiques annuelles depuis des années et qu’on a applaudis chaque soir pendant la période COVID, de s’occuper des malades ? On les laisserait sans le sou et sans travail, juste parce qu’ils ne veulent pas se faire injecter un produit en cours d’essai clinique ? Des dits vaccins dont de grands virologues remettent en question l’efficacité, comme par exemple Philippe Poindron, en direct sur CNews ? Des vaccins qui n’empêchent ni l’hospitalisation, ni la contamination de soi ou d’autrui comme il l’a été dit officiellement sur LCI ?
Ne nous leurrons pas, comme chaque année depuis bien avant la COVID, en période automnale et hivernale, les services d’urgence, d’ordinaire à flux tendu et en sous-effectifs, vont être à nouveau saturés. Quels soins seront prodigués aux malades s’il y a encore moins de soignants que d’habitude ? Des vaccins ?

Espérons que BFM sera aussi pointilleuse sur la teneur des propos des invités prônant le vaccin et l’obligation vaccinale et s’excusera publiquement lorsqu’ils seront inexacts.

 

 

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