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Reportage à la manifestation géante pour la liberté (Berlin) : Robert Kennedy Jr. le nouveau « Berliner »

Samedi 29 août, l’Allemagne a connu une des plus grandes manifestations de son histoire, depuis la guerre, en dépit des tentatives répétées des autorités berlinoises d’interdire l’évènement. L’annonce de la participation de l’avocat Robert F. Kennedy Jr. en tant qu’invité de dernière minute avait renforcé la mobilisation de la population et sa détermination à venir défendre ses libertés menacées par l’agenda sanitaire de « la réponse à la pandémie ».

 

Alors que les médias allemands ont parlé de 38 000 personnes présentes sur place, d’autres citent un ou plusieurs millions. Pas un mot sur la présence de Robert Kennedy Jr. dans les réseaux officiels, alors que le discours historique du neveu de l’ancien président américain inonde les réseaux sociaux. Jamais l’écart entre la presse institutionnelle et les médias alternatifs n’a été aussi manifeste ! Que s’est-il vraiment passé le 29 août à Berlin ?

Berlin

◆ La volonté de s’exprimer

Pris entre les impératifs de la stratégie internationale et le mécontentement croissant d’une partie de la population, le gouvernement allemand semble perdre pied depuis la manifestation du 1er août qui avait réuni plus 800 000 personnes à l’issue de laquelle des dizaines de milliers de personnes avaient demandé sa démission, en scandant « Angela, dein Volk ist da » (Angela, ton peuple est ici). En effet, devant la sourde oreille du politique, de nombreux membres du mouvement appellent aujourd’hui à la fondation d’une nouvelle assemblée nationale pour garantir les droits de la constitution. Inspirés en partie par les gilets jaunes en France, des ateliers voient le jour dans toute l’Allemagne, témoins de l’émergence d’une volonté populaire en quête de souveraineté. Rien d’étonnant à ce que le gouvernement ait cherché à minimiser le succès de la première manifestation le 1er août, donnant des chiffres de 17 000 participants, alors que les images du grand rassemblement dans l’allée principale « Unter den Linden » en montraient clairement des centaines de milliers. Rien d’étonnant non plus à ce que l’on ait cherché à noircir les organisateurs, en les accusant d’être des nazis.

◆ Batailles juridiques

En toute logique, il fallait donc s’attendre à ce que les autorités berlinoises tentent d’interdire la manifestation du 29 août, juste avant la tenue de l’événement.  Mais, l’Allemagne ayant été peu touchée par l’épidémie, et ne s’étant pas retrouvée dans une situation d’incapacité d’accueil hospitalier, il est de plus en plus difficile d’y imposer une urgence sanitaire générale. Ne pouvant interdire ‘toute manifestation’, ils retirèrent donc l’autorisation spécifique à celle-là. La réponse des organisateurs fusa.  Toujours soucieux de respecter les règles de l’état de droit, ceux-ci demandèrent à leurs membres d’introduire individuellement de nouvelles demandes de manifestation. En quelques heures de temps, plus de 6000 personnes remplirent les documents nécessaires.  Les commissariats de police furent inondés avec les requêtes apportées par l’équipe de juristes, tandis que les youtubers relayaient la manœuvre en live à des centaines de milliers de spectateurs amusés. Dans le même temps, le mouvement faisait appel de la décision devant un tribunal fédéral.  L’excitation était à son comble quand un influenceur lâcha le scoop de la venue de Kennedy sur les réseaux sociaux. Le lendemain matin, on annonça que le tribunal fédéral avait tranché en faveur des manifestants et que l’évènement était tout de même autorisé.

◆ La magie des circonstances

En réalité, la présence de Kennedy n’était pas programmée. L’avocat qui préside l’organisation Children’s Health Defense, pour la défense et la protection de la santé des enfants aux Etats-Unis, devait assister à la réunion inaugurale de la branche européenne de son association Children’s Health Defense Europe.  C’est en quelque sorte un hasard du calendrier qui a provoqué sa participation à la manifestation, puisqu’il se rendait en Europe pour une raison essentielle, à savoir rencontrer les membres du nouveau conseil d’administration pour discuter de différentes orientations stratégiques. Le message des organisateurs lui est alors parvenu, avec une vidéo montrant une invitation publique lors de la manifestation du 1er août. Les déplacements des membres d’une organisation internationale pour assister à une réunion commune n’étant pas soumis aux « restrictions Covid », la venue de Kennedy à Berlin était donc tout à fait légitime. Un speech du célèbre avocat était évidemment une occasion rêvée à la fois pour annoncer l’ouverture de l’association et pour transmettre un message fort au public allemand.

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Réunion inaugurale du Children’s Health Defense Europe

 

◆ Querdenken, un mouvement de défense de la démocratie

« Querdenken » ou « penser autrement » est le nom de l’organisation, un mouvement non partisan qui rassemble les citoyens choqués par les privations de libertés imposées aux citoyens allemands avec l’apparition de la crise du coronavirus. Le mouvement conteste la légitimité du confinement et l’imposition du port du masque, ainsi que les mesures de test ou de tracking associées à l’agenda pandémique, estimant que celles-ci sont disproportionnées et ne justifient pas l’atteinte aux libertés individuelles. Il conteste également la manière dont ces règlements sont pris, leur manque de transparence, le non-respect du débat, ou l’absence de vote. Créé à l’initiative de Michael Ballweg, un informaticien de Stuttgart, l’initiative Querdenken s’est rapidement étendue à de nombreuses villes, menant au développement d’un réseau de résistance à travers l’Allemagne, avec des manifestations dans plusieurs grandes villes. L’association s’est organisée en un partenariat entre une cinquantaine d’avocats, plusieurs centaines de médecins emmenés par le Dr. Heiko Schoning et le réseau « ACU 2020 » exigeant une indépendance du corps médical et scientifique et des médias indépendants et influenceurs de réseaux sociaux.

Lire notre article sur l’ACU 2020.

Issus de toutes catégories sociales et politiques, leur objectif commun est d’apporter une réponse forte, argumentée, mais aussi résolument pacifique et démocratique en faisant appel à tous les moyens légitimes dans un état de droit qu’ils sentent menacé.

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Markus Hainz, un avocat résolument engagé à défendre l’état de droit

 

◆ Une foule innombrable

Dès l’annonce de l’interdiction de la manifestation par Berlin, les médias avaient fait tourner la nouvelle afin de dissuader le public de rejoindre la capitale. De nombreux cars prévus de l’étranger ont annulé le voyage. Mais l’annonce de la venue de Kennedy a renforcé plus que jamais la volonté du public allemand à rejoindre un événement qui promettait d’être historique. Les manifestants ont afflué dès le matin et plus de 3 000 policiers furent déployés dans la ville. De nombreux barrages ont été positionnés afin de bloquer et refouler plusieurs dizaines de bus arrivant dans la ville et d’empêcher les différents cortèges d’avancer. Dans plusieurs rues, les manifestants ont été encerclés et « confinés » durant des heures sans bouger.

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Des centaines de manifestants polonais ont dû rester assis des heures dans la même rue.

 

Tout s’est déroulé dans le calme, et les nombreux pacifistes, comprenant des adeptes de Ghandi ont même chanté « Liebe polizei macht die strasse frei » (Chers policiers libérez la rue).


◆ Combien étaient-ils ?

Selon la presse officielle 38 000… Mais ceux qui étaient à Berlin ce jour-là savent que des centaines de milliers de personnes ont peuplé la capitale le 29 août pour participer à l’évènement. La police ayant empêché les cortèges de rejoindre la colonne de la victoire, on ne pouvait dénombrer les participants selon une masse unique et compacte. Mais le parcours de la foule amassée autour d’une quarantaine de podiums et écrans de rediffusion, ainsi que dans des dizaines d’allées et de rues avoisinantes laisse penser qu’il y avait certainement plus d’un million de personnes en tout.

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La foule dans l’allée « Unter den Linden »… et bien au-delà

 


◆ Robert Kennedy Jr. le nouveau « Berliner »

Pouvait-on trouver un symbole plus fort que la présence de Robert F. Kennedy Jr. pour défendre les libertés fondamentales face au nouvel agenda totalitaire ? En juin 1963, 2 ans après la construction du mur de Berlin, son oncle, le président John F. Kennedy, était venu ici pour réaffirmer le soutien des Américains en réponse à la menace communiste. Dans une allocution mémorable, il avait affirmé : « Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste. Qu’ils viennent à Berlin ! Et le président avait achevé son discours par ces mots : tous les hommes, où qu’ils vivent sont des citoyens de Berlin et par conséquent, en tant qu’homme libre, je suis fier de prononcer ces mots « Ich bin ein Berliner ». Comme si les évènements se répétaient, des décennies plus tard, l’on aurait presque pu reprendre le même discours. Car si Robert Kennedy Jr. n’a pas utilisé le terme de « communisme », c’est bien une société autoritaire, totalitaire et orwellienne qu’il a condamnée. Corruption, censure, oppression, collusion, privation de liberté, il n’a pas mâché ses mots en décrivant l’agenda international qui se met en place en réponse à la pandémie, évoquant la vaccination obligatoire, la mise en place de la 5G, et le passage à une société de surveillance digitale. À Berlin et pour des millions d’internautes à travers le monde, Kennedy a réveillé les consciences et prononcé les mots de courage et d’espoir.

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◆ Attaques des médias et réponse de Kennedy

Rien de tout cela dans la presse allemande ou internationale ! L’on est tout simplement abasourdi par le fait que les médias et les autorités aient osé avancer un chiffre aussi ridicule que 38 000 personnes, alors qu’ils étaient des millions à partager des images témoignant de l’ampleur gigantesque de ce rassemblement. On l’est encore bien plus, lorsque l’on s’aperçoit qu’ils ont tenté de faire passer une foule pacifique d’un million de personnes pour des « extrémistes » et des « opposants à la démocratie ».  Daily Kos, un journal web américain, un des rares à mentionner la présence de Kennedy a même titré : « L’anti-vaccin Robert Kennedy Jr. a rejoint les néonazis à Berlin », affirmant qu’il s’était rallié à un évènement organisé par « des organisations d’extrême droite et des groupes antisémites ». Kennedy a immédiatement réagi par une lettre exigeant le retrait de la publication pour diffamation et les excuses publiques pour le dommage encouru, envisageant aussi une action en réparation. La lettre rappelle qu’il suffit d’écouter son discours et de regarder les images de la foule arborant des portraits de Ghandi, des drapeaux pour la paix, l’amour et la démocratie pour savoir que c’était tout l’inverse.

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Amour, paix, liberté.


◆ Un assaut mis en scène pour discréditer le rassemblement

En fin de journée, les membres du gouvernement et ceux qu’il faudra désormais appeler les « organes de propagande » se sont par contre régalés d’un « incident inadmissible » décrit comme un violent assaut du Reichstag (parlement allemand). On y voit quelques dizaines de militants se précipiter sur les marches du bâtiment et brandir des drapeaux, mais les images ne montrent aucune forme de violence. Et de fins observateurs ont détaillé « l’incident » qui semble avoir été un coup monté pour obtenir des images « scandaleuses » afin de condamner durement les manifestants.

◆ Que s’est-il passé ?

Certains témoins ont déclaré avoir vu des équipes de journalistes sortir directement des combis de police, tandis que des acolytes placés sur les toits voisins orchestraient la manœuvre, ou plutôt la « régie ». Quelques minutes plus tôt, plusieurs militants souverainistes avaient excité la foule et exhorté le public à occuper les marches du parlement en hurlant dans des mégaphones « Trump est ici », « Il vient de signer un traité de fin d’occupation », « Nous avons gagné », « Les policiers ont enlevé leurs casques, ils ont cessé de garder le parlement », « Allons nous asseoir sur les marches du parlement pour fêter cela et montrer à Trump que notre peuple est enfin libre ». Ces fausses nouvelles provoquèrent alors un bref mouvement de foule sur les marches du Reichstag, qui reflétait une démonstration de joie (injustifiée), et non attaque venant de groupes soit disant néonazis. Trump n’était pas à Berlin et tout cela n’était que pure invention. Pour comprendre le contexte de cette scène qui peut paraître surréaliste, il faut savoir que l’Allemagne est officiellement toujours sous le contrôle des alliés, et surtout des Américains, depuis la guerre et que beaucoup de citoyens allemands estiment qu’il est temps de s’en affranchir.  Selon eux, la constitution allemande ne serait pas légitime, puisqu’elle n’est pas issue de la volonté du peuple, mais résulte d’une autorité extérieure, celle des alliés. Cette réflexion qui n’est pas que symbolique, surgit notamment dans le cadre d’une controverse juridique opposant l’Allemagne à l’Europe à propos du rôle des banques centrales et de l’indépendance des nations dans le cadre institutionnel européen. Malheureusement, cette revendication qui semble légitime à un mouvement citoyen populaire non partisan est aussi reprise par les mouvements et partis d’extrême droite.  Dès lors, on comprend pourquoi les organisateurs de la manifestation démarrent chaque évènement en se démarquant clairement de tout mouvement politique, de toute forme d’extrémisme ou toute idéologie raciste et pourquoi le gouvernement et l’alliance internationale qui le soutient s’acharnent d’autant plus à faire passer les mouvements citoyens pour des nazis. Malheureusement, une minute d’images suffit à broder un scénario qui permet de servir les intérêts de la classe politique et de détourner l’attention du public du fait qu’un million de personnes sont venues pour protester contre les mesures liberticides de la pandémie. La seule chose rapportée sur toutes les chaînes de télévision a été que : « la manifestation s’est terminée dans la violence et les forces de l’ordre ont dû intervenir pour disperser les extrémistes qui ont pris d’assaut le Reichstag ».  Qui sait, cette énième trahison des médias finira peut-être par ouvrir les yeux à de nombreuses personnes…

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Enquête sur la mise en scène de l’assaut du Reichstag


◆ Protection ou répression ?

Alors que les organisateurs avaient pris la peine de remercier publiquement les services de police avec lesquels ils avaient minutieusement préparé un plan de sécurité, une bonne partie du public a refusé de les applaudir. L’on apprendra par la suite que de nombreuses violences policières ont eu lieu sur des hommes et des femmes pacifiques qui n’avaient pas montré d’agressivité, ni opposé de résistance. Filmées par la foule, plus d’une dizaine de vidéos montrent des scènes similaires où 3 à 4 robocops de style GIGN poussent des personnes, les forcent à terre, parfois même avec passage à tabac. Ces images qui évoquent aussi les violences policières commises contre les gilets jaunes en France, et un peu partout dans le monde, ont été un véritable choc pour de nombreux citoyens allemands et pour une partie des forces de l’ordre. De plus en plus de militaires et officiers de police choisissent d’exprimer publiquement leur désaccord avec la politique imposée par les autorités. L’histoire a donné aux « Berliners » la capacité de distinguer la vérité de la propagande et la liberté de la dictature. Toutes les personnes rencontrées nous ont exprimé leur souffrance d’avoir grandi avec le poids de la honte du nazisme et de la peur du communisme. Accepter à nouveau des mesures liberticides et l’imposition d’un régime totalitaire, quel que soit le motif invoqué, n’est simplement pas concevable. Les Allemands sont des millions à vouloir à défendre leur droits et leurs libertés de manière pacifique et dans le respect des règles démocratiques. La manifestation de Berlin pourrait être un moment clé, un moment d’éveil des consciences pour le monde. Les Berlinois sont porteurs d’un message fort : le moment est venu de montrer qu’il est possible d’abandonner une gouvernance fondée sur la peur, le contrôle et la discrimination et que l’on peut avancer tous ensemble dans un monde libre et ouvert, un monde qui est avant tout humain.

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Senta Depuydt

 

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