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La démocratie est dans la ruche

D’Aristote jusqu’au XVIIIe siècle, on a cru que la reine des abeilles était un roi. On a cru aussi, jusqu’à plus récemment, que la « monarque » était toute-puissante et décidait de tout au sein d’une colonie. C’est faux. Les recherches menées depuis une soixantaine d’années, celles de Thomas D. Seeley entamées dans les années 70, montrent que les abeilles suivent un processus démocratique exemplaire.

Par Édouard Los Monteros.

Peut-être avez-vous déjà observé, au détour d’une promenade ou dans votre jardin, le spectacle d’un essaim d’abeilles accroché à une branche d’arbre ou autre ? on se demande ce qu’il fait là, placide et inoffensif, des heures durant, quelques jours parfois. Cette allure quasi indolente n’est qu’une apparence. La colonie joue de fait discrètement sa survie.

Elle envoie des abeilles éclaireuses (les scoutes) parcourir le territoire alentour en vue de dénicher une nouvelle maison et lui faire passer l’hiver saine et sauve, et ainsi se perpétuer. L’essaimage, rappelons-le, est cet évènement incontournable de la vie des abeilles sociales lorsqu’une colonie est devenue trop populeuse à la fin du printemps ou en début d’été.

Celles qui restent en élèveront une nouvelle. C’est, si l’on veut, la manière qu’on les abeilles d’éviter d’engendrer un superorganisme étouffant, limite monstrueux ; une loi naturelle antitrust assez radicale, en somme. (…)

Article paru dans NEXUS numéro 75 (juillet-août 2011).

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