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Des substituts aussi dangereux que le bisphénol A

Les bisphénols F et S sont aussi dangereux que le bisphénol A qu’ils remplacent, c’est ce que démontre in vitro une équipe de chercheurs français.

La preuve est faite in vitro : le bisphénol F (BPF) et le bisphénol S (BPS), substituts du bisphénol A (BPA), provoquent le même niveau de perturbation hormonale sur des cellules masculines que le BPA. Cela vient d’être démontré par l’équipe de chercheurs français de l’Unité mixte de recherche 967 « Cellules souches, radiations et instabilité génétique » (CEA/Inserm/université Paris Diderot). René Habert et ses collaborateurs du laboratoire de développement des gonades (LDG) ont utilisé la même méthode qui, en 2012, a apporté la preuve expérimentale de l’effet inhibiteur du bisphénol A sur la production de testostérone par le testicule du fœtus humain. Cette méthode appelée Fetal Testis Assay consiste à tester les effets de plusieurs substances chimiques sur le développement et les fonctions de testicules fœtaux humains maintenus en vie pendant plusieurs jours dans une boîte de culture.

Aucune réglementation en vigueur pour les BPF et BPS

Les résultats de leur étude en ligne sur le site de Fertility & Sterility démontrent pour la première fois l’effet délétère des bisphénols S et F sur une fonction physiologique chez l’Homme. Un fait d’autant plus inquiétant qu’« il n’y a actuellement aucune réglementation les concernant », précise le communiqué de l’Inserm.

« Il n’y aurait pas de sens à échanger un danger sanitaire pour un autre. Aussi, nous devrions urgemment nous concentrer sur l’évaluation des risques pour la santé humaine des substituts du BPA », indique l’équipe de chercheurs du LDG.

La testostérone est une hormone capitale pour  « la masculinisation des organes génitaux internes et externes (…). En l’absence de testostérone, ces organes évoluent spontanément dans le sens féminin », précise le Professeur Habert. « Toute diminution de la production de testostérone, ce qui est l’effet des différents bisphénols, va entraîner des défauts de masculinisation » avec une altération de la production spermatique à l’âge adulte, explique-t-il. Enfin, « le fœtus n’est pas protégé du tout » des bisphénols que peut absorber la mère, car ces substances « traversent la barrière placentaire », souligne-t-il.

Depuis le 1er janvier 2015, la fabrication, l’exportation, l’importation et la mise sur le marché de tout conditionnement alimentaire contenant du bisphénol est interdite en France. Et depuis janvier 2011, la fabrication et la commercialisation des biberons contenant du bisphénol A sont interdites en Europe.

Le BPF et le BPS sont actuellement utilisés pour les tickets de caisse, les biberons et la vaisselle pour enfants. La prudence impose donc de se tourner vers des matériaux plus sains (verre, inox…) qui puissent remplacer le plastique pour plus de sécurité.

 

 

 

 

 

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