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Électoralisme, corruption, lobbying… Et si on passait à la démocratie ?

Comment cela, si on « passait » à la démocratie ? Existerait-il un régime encore « moins pire à l’exception de tous les autres », pour paraphraser Churchill ? Quelque chose de mieux que la représentation par le suffrage ? Plus pertinent que ce système censé mettre aux commandes les meilleurs d’entre nous sous la houlette d’un(e) providentiel(le) Nicolas, Manuel, François ou Marine ?

Le constat est pourtant maintenant largement partagé : le pouvoir a échappé au politique et nos libertés comptent leurs jours face à la toute-puissante finance (des campagnes électorales). Bref, nous sommes bel et bien en ploutocratie, comme le confirment les milliers de lobbies installés durablement à Bruxelles. Qu’importe ? Qu’un monde sans régulation fasse le jeu des puissants et favorise l’émergence désespérée des pires extrémismes en émeut plus d’un, mais puisqu’il n’est pas d’alternative…

Magazine NEXUS n° 96 (janvier-février 2015)

N° 96 (janv.-févr. 2015)

Juste ici et là, quelques évocations à plus de démocratie « participative » (cherchez le pléonasme) commencent à perler. Mais point trop n’en faut, car l’accusation de populisme frappe impitoyablement, et vite, protégeant notre société des outrages d’une démocratie trop directe, de ses mouvements de foule, de la vulgate… la barbarie, quoi ! Vous savez ? Celle qui avait refusé la Constitution européenne en 2005 (référendum) pour se la voir imposer par la représentation nationale dans la foulée, avec le succès que l’on sait depuis ! Et quelle surprise de constater que Jules Ferry avait oublié de nous rappeler dans ses manuels d’histoire que la démocratie athénienne avait déjà inventé les outils palliant les inconvénients de l’exercice direct du pouvoir par ses habitants (alors que ce n’est qu’après deux siècles que, pressée par les scandales à répétition, notre république a commencé à se préoccuper des déclarations de patrimoine de ses élus) !

Tout cela pour nous rappeler qu’en fait d’économie, d’écologie et de politique, c’est bien à sa crise d’adolescence que l’humanité est confrontée. Se prendre soi-même en main, n’est-ce pas cela devenir adulte ? Ce rappel, et les développements qui en découlent, un homme les sème depuis quelques années au fil de ses conférences : tirage au sort, votations, concentration des médias… Attention, le phénomène « Chouard » s’avère très, très contagieux. Cruellement, je vous en souhaite une pandémie majeure pour 2015… avec une excellente lecture de ce numéro.

David Dennery

> Feuilletez quelques pages du numéro 96.

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