Paneurythmie Conscience

Paneurythmie : quand la musique mène à la transcendance

En 1990, lorsque j’ai entendu pour la première fois la Paneurythmie (la musique de Peter Deunov), sur un petit magnétophone, jouée au violon avec un accompagnement de guitare, j’ai éprouvé la sensation d’entendre la musique à la fois la plus naturelle et la plus sacrée qui soit, comme une traduction sonore de la présence enchanteresse […]

En 1990, lorsque j’ai entendu pour la première fois la Paneurythmie (la musique de Peter Deunov), sur un petit magnétophone, jouée au violon avec un accompagnement de guitare, j’ai éprouvé la sensation d’entendre la musique à la fois la plus naturelle et la plus sacrée qui soit, comme une traduction sonore de la présence enchanteresse du monde spirituel dans le monde des sens. Mais j’étais encore loin d’imaginer quel rôle cette musique allait jouer dans ma vie…

 

◆ Premiers pas

Je ne me rappelle pas exactement quelle a été ma pratique durant les années 1990 (de toute manière très irrégulière, surtout en comparaison de ce qu’elle allait être par la suite), mais le fait est qu’au tournant des années 2000, j’ai eu connaissance d’une phrase de Peter Deunov : « Si vous chantez chaque jour la Paneurythmie, vous recevrez mes bénédictions. » Par ailleurs, on sait qu’il a triplement recommandé de la danser, de la jouer et de la chanter. Il avait donc prévu le recours à ce cycle de chants en tant qu’exercice quotidien, et promettait à celui qui s’y adonnerait de prodigieux résultats. Pour quelqu’un qui s’était déjà engagé dans cette pratique à partir de ses goûts, de ses réflexions et certainement de son intuition lui indiquant qu’il y avait là une voie à suivre, la découverte d’une telle promesse était exaltante et stimulante. Bien entendu, on peut s’entendre sur le fait que s’il y a là des « bénédictions », elles ne sont pas strictement le fait d’un seul homme et d’un homme seul, fût-il un saint homme, et que celui qui s’exprimait de la sorte se savait le dépositaire et le relayeur d’un trésor dépassant les limites de sa propre identité.

 

◆ Une efficacité supérieure

Une quinzaine d’années plus tard, je devais faire une découverte approximativement du même ordre en prenant connaissance d’un mot d’Omraam Mikhaël Aïvanhov disant qu’au sein même du répertoire des chants de Peter Deunov, le cycle de chants de la Paneurythmie possède un pouvoir d’action singulier. J’avais moi-même opéré des constats dans ce sens, tout au long des années. La « rencontre » avec cette assertion était doublement gratifiante et édifiante dans la mesure où elle confirmait, d’une part, mes perceptions et, d’autre part, les spécificités de cette section de l’« arsenal » musical légué par Peter Deunov. En outre, Aïvanhov, dans l’exacte lignée de son prédécesseur, présentait le recours à l’ensemble du cycle des chants de la Paneurythmie comme une méthode de guérison. Peter Deunov n’a pas insisté sur un effet distinct et supérieur du cycle des chants qui accompagnent la Paneurythmie. Lorsqu’on lui a posé la question : « Parmi nos chants, quels sont ceux qui agissent avec le plus grand effet ? », il a répondu : « Tous, mais leur action est différente. Par exemple, le chant “Mon âme, bénis le Seigneur”, agit salutairement. Avec le chant “Vénir Bénir”, on élimine les esprits qui empêchent l’évolution, tandis que le chant “Aoum” est une parole de l’Esprit. » Et à la question : « Quels chants recommandez-vous particulièrement ? », il répondait, au cours de la même conversation :

« Entre autres, le chant “Fir fur fen”. C’est un chant revitalisant qu’on ne doit pas chanter n’importe quand. Si vous apprenez à chanter comme il faut le chant “Une aurore merveilleuse se lève à l’horizon”, vous serez visités par toutes les possibilités de succès. » Ces réponses ne démentent pas le constat d’effets plus nets de la Paneurythmie, dont la singularité tient peut-être tout simplement à ce qu’il s’agit d’un ensemble cohérent et, autant qu’on puisse le dire, complet ; cet ensemble de chants sera logiquement susceptible d’éveiller un ensemble de forces et, dans la mesure où il est cohérent et complet, un ensemble de forces concordantes, et de produire un effet général, quand un chant isolé n’aura, pour sa part, qu’un effet ou des effets plus distinctifs. Viola Baumann rapporte les propos de Donald Hatch Andrews, professeur à l’université Johns Hopkins, selon qui « chacun des 28 exercices de la Paneurythmie est centré sur une idée unique dérivée des principes et des lois de la nature et émane des vibrations spécifiques ». La réunion et la concordance de ces vingt-huit idées et de leurs vibrations produisent un ensemble conceptuel et vibratoire en conséquence.

 

◆ Des effets vérifiables

L’expérience personnelle démontre qu’en pratiquant tous les jours ce cycle de chants d’environ 40-45 minutes, ce qu’il convient de faire, de préférence, en début de journée, à jeun ou presque, on reçoit ce qu’il faut bien appeler des « bénédictions  ». Entre autres résultats notables : une augmentation du sens musical et même de la sensibilité auditive confinant à un début de clairaudience, ainsi qu’une possibilité sans cesse croissante au fil des années de convertir la musique en expérience intérieure. Ou bien l’on se surprend à adopter une démarche inhabituellement souple, rythmée, dynamique, harmonieuse, comme si l’on marchait, pour la première fois, à partir de son propre centre. De façon régulière, mais aussi toujours en fonction de l’intensité de la pratique, on se sentira rempli de quelque chose de comparable à un « lever de soleil intérieur » et à la présence d’un « soleil intérieur ». (Bien qu’il ne s’agisse que d’une métaphore, impuissante à figurer les sensations auxquelles elle se rattache, c’est peut-être le résumé le plus exact de ce dont il s’agit.) Le constat s’opère également d’une augmentation de l’efficience dans tous les domaines, par exemple dans le domaine professionnel, là encore en conformité avec les définitions et les promesses du créateur de la Paneurythmie : « … Quand durant de longues années, disait-il, on ne parvient pas à accomplir certaines choses, il suffit de chanter quelques chants pour les achever très rapidement. » Il y a, si le mot peut être exonéré de connotations péjoratives, une addiction à la Paneurythmie, car elle nous remplit de quelque chose d’irremplaçable. La définition la plus exacte et véridique de ce qui se passe en notre for intérieur quand on la chante consisterait peut-être à dire qu’on est rempli d’amour divin. Pourquoi d’amour « divin » et pas d’amour tout court ? Parce qu’il s’agit d’un amour sans objet, un « amour-état » qui n’est pas l’« amour-mouvement », et dont l’intensité, se limitant le plus souvent à des manifestations agréables et précieuses, mais modérées et subtiles, peut aller quelquefois jusqu’à un point extraordinaire.

 

◆ Se soigner

Certes, les aspects thérapeutiques et physiques du chant ne sont pas forcément ou pas toujours apparents et faciles à connecter à leur cause supposée lorsque celle-ci est assez éloignée dans le temps. Par exemple, si quelqu’un chante tous les jours pour soutenir ses efforts de guérison d’une grave maladie, pour accroître l’efficacité des soins qui lui sont apportés, et s’il guérit effectivement, il ne sera pas facile d’évaluer la part de la pratique musicale dans le processus de guérison (à moins peut-être d’établir un protocole scientifique spécialement conçu pour cela). Les aspects de la musique que l’on peut désigner comme « thaumaturgiques » n’échappent pas non plus totalement à cette difficulté. Néanmoins, certaines expériences peuvent être faites qui, compte tenu, entre autres, du faible intervalle de temps entre la cause supposée et l’effet, permettent d’établir de manière assez fiable une relation de cause à effet. Au demeurant, les aspects thérapeutiques et thaumaturgiques ne sont pas étrangers l’un à l’autre : le milieu scientifique lui-même constate aujourd’hui que l’expérience mystique recèle un potentiel d’action bienfaisante pour le psychisme…

 

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