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Les 8 lois à connaître pour réussir le changement

Chacun, aujourd’hui, se trouve contraint de surfer sur la vague d’un changement tous azimuts, tout en se demandant comment parvenir aux changements qui feraient vraiment de ce monde un « nouveau monde » et un monde meilleur. Le dernier livre du chercheur et écrivain Stephan Schwartz, avec ses 8 Lois du changement, propose des pistes […]

Chacun, aujourd’hui, se trouve contraint de surfer sur la vague d’un changement tous azimuts, tout en se demandant comment parvenir aux changements qui feraient vraiment de ce monde un « nouveau monde » et un monde meilleur. Le dernier livre du chercheur et écrivain Stephan Schwartz, avec ses 8 Lois du changement, propose des pistes pour y aboutir.

 

L’un des événements les plus marquants de la vie de Stephan Schwartz a été d’assister au fameux discours du révérend Martin Luther King « I have a dream ». Depuis, il s’est notamment efforcé « de détecter des schémas et d’apprendre les lois et les dynamiques permettant que des objectifs en apparence impossibles, c’est-à-dire fixés au départ par une poignée de personnes, deviennent réalité ». Ce faisant, il est arrivé à la conclusion que « les transformations sociales positives, non violentes et couronnées de succès, ont certaines caractéristiques communes, qui peuvent être apprises », alors que les changements imposés par la force et la violence sont peu durables. Ces changements positifs, aboutis et durables commencent par un certain nombre d’individus et suivent un processus qui permet d’atteindre un consensus critique. S’appuyant sur son expérience en même temps que sur des données et des études scientifiques, Schwartz ne propose pas de recette miracle, mais il est convaincu que les 8 lois qu’il met en évidence, et autour desquelles s’articulent, selon lui, les changements de notre société, peuvent permettre à chacun de devenir « acteur de la transformation individuelle et mondiale ». Trois mots reviennent avec insistance dans son discours, que ce soit dans ses écrits, en conférence ou en interview : compassion, positivité et bien-être. À ces trois leitmotivs, il associe deux notions de base : non-violence et « êtreté ».

 

◆ La non-violence est efficace

La violence est « souvent glorifiée, on a tendance à l’associer à l’héroïsme. Elle est à l’origine d’un grand nombre de statues exposées publiquement. » Pourtant, le changement peut – et doit – être obtenu, selon Schwartz, « dans la non- violence et la compassion ». Ce serait même la meilleure manière d’y arriver : « Grâce à des recherches récentes et exhaustives, on sait aujourd’hui qu’un changement provoqué par la violence est non seulement meurtrier mais également éphémère, en comparaison à un changement non violent. » Pour agir dans la non-violence, avec succès, il faut se reposer sur la base de l’« êtreté ».

 

◆ L’« êtreté » ou l’importance d’un sourire

Pièce maîtresse donc au cœur du changement conscient, volontaire et non violent, le concept d’« êtreté » a été mis en avant par Gandhi, le leader indépendantiste indien (1869-1948), grand apôtre de la non-violence. Schwartz nous dit : « L’“êtreté” est la nature de votre caractère, comme Gandhi l’a dit, c’est ce que vous êtes, votre attitude, les choix que vous faites, l’essence de qui vous êtes. » (cf. interview p. 36 du magazine). Avant son assassinat, Gandhi confiait à un jeune reporter du Times indien qui lui avait demandé comment il avait forcé les Anglais à quitter l’Inde : « Ce n’est pas ce que nous avons fait qui a compté, même si c’était important. Ce n’est pas ce que nous avons dit, même si cela était important aussi. Ce qui a compté c’est notre “êtreté”. L’essence de qui nous étions, c’est cela qui a poussé les Anglais à choisir de quitter l’Inde. » Schwartz reprend cette idée, dès 2008, dans la revue Explore, où il suggère que la définition du mot, tel que l’entendait le Mahatma, tient aussi à « la nature du caractère personnel » et aux « menus choix que nous faisons par milliers à travers la succession des jours ». Tous ces choix « ne créent pas seulement notre caractère personnel, précise-t-il, mais aussi, collectivement, le caractère national de la nation dont nous faisons partie ».

Ainsi, chacun a son mot à dire dans l’aventure humaine, qu’il soit ou non un égal ou un émule de Gandhi. Il a fallu, certes, au Mahatma et à ses partisans une bonne dose de courage, car l’orientation vers une attitude non violente n’est ni le chemin le plus facile ni synonyme de désengagement, tant s’en faut ; Schwartz note d’ailleurs que le fonctionnement de ses 8 lois « n’est pas sans rappeler l’aïkido ». L’influence ou le concours du citoyen anonyme peut aller parfois jusqu’à emprunter un langage plus subtil, non verbal. Schwartz témoigne, à cet égard, de la réussite, involontaire, mais décisive, d’une liftière portoricaine qui accomplissait sa tâche avec un sourire remarquable. C’était au début des années soixante à Washington, dans le cabinet d’avocats où travaillait Schwartz. Dans l’ascenseur piloté par la jeune femme s’est trouvé un sénateur s’apprêtant alors à voter contre « un projet de loi à l’initiative des syndicats qui proposait des avantages et des règles de sécurité plus strictes pour protéger les ouvriers ». Le sénateur a fait tomber son stylo en or, et Rose, la petite liftière, l’a ramassé et le lui a tendu en lui adressant son merveilleux sourire. Le sénateur votera, peu après, à la surprise générale, pour le projet de loi, en expliquant : « … Vous savez, si je vote contre, beaucoup de femmes comme cette liftière ne souriront pas. Des veuves. Des filles. Des nièces. Des tantes. C’est l’année des élections. Je dois peut-être revoir ma position. » L’acte le plus simple, ne mobilisant que des forces infimes, peut faire pencher la balance, et il peut suffire d’une seule personne « pour enclencher le changement, en s’appuyant sur la stratégie de l’“êtreté” »

 

Les 8 lois du changement

  1. partager une intention commune, que ce soit individuellement ou collectivement ;
  2. ne pas avoir de préférence en matière de résultats, même si les objectifs sont communs ;
  3. accepter l’éventualité que les objectifs ne soient pas atteints du vivant du groupe ou de l’individu ;
  4. accepter l’éventualité de ne pouvoir tirer aucune gloire ou reconnaissance des efforts accomplis ;
  5. même si les différents rôles au sein de la hiérarchie sont respectés, que chaque individu au sein du groupe, quels que soient son sexe, sa religion, sa race ou sa culture, soit sur un pied d’égalité avec les autres ;
  6. renoncer à toute forme de violence, en pensée, en parole ou en action ;
  7. cohérence de la vie privée et de la posture publique ;
  8. les individus au sein du groupe et le groupe collectivement doivent toujours agir en faisant preuve d’intégrité et de bienveillance.

 

 Il reste 71 % de l’article à lire dans Nexus n°126 (jan.-fév. 2020), disponible en kiosque jusqu’au 29 février 2020 ou en ligne au format papier/numérique en cliquant ici.

 

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