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Bonne nouvelle, la croissance fléchit !

Le FMI révise à la baisse ses prévisions de croissance pour 2015 et 2016. La dynamique économique mondiale perd de la vitesse, plombée par le ralentissement chinois qui entraîne les pays émergents dans son sillage. Y-a-t-il vraiment lieu de s’en inquiéter ? L’urgence n’est-elle pas de changer de cap et d’abandonner l’obsession de la croissance ?

Le FMI annonce une nouvelle baisse de croissance de l’économie mondiale pour 2015 dans son nouveau rapport « Perspectives économiques mondiales » : au lieu des 3,3 % attendus en juillet, le produit intérieur brut (PIB) mondial ne progressera que de 3,1 % cette année, et de 3,6 % en 2016. La planète serait sur le point de réaliser cette année sa plus mauvaise performance depuis la récession planétaire de 2009.

La faute à qui ? À l’effet conjugué de « trois forces puissantes » explique l’Américain Maurice Obstfeld, le nouveau chef économiste du Fonds monétaire international. « Premièrement, la transformation économique de la Chine [… ] avec l’accent mis sur la consommation et les services. Deuxièmement, et cela est lié, la chute des matières premières ». Quant à la troisième ligne de force, il s’agit « de la normalisation de la politique monétaire aux Etats-Unis ».

Une croissance de 6,3 % pour la Chine

La Chine devrait connaître cette année sa plus faible croissance en 25 ans, avec, en 2016, une croissance attendue de 6,3 %. En réduisant ses importations, le premier consommateur mondial de matières premières fait trembler les grands exportateurs de minerais et de pétrole comme les pays d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie. Pour la cinquième année consécutive, les pays émergents voient leur croissance se réduire : de 7,5 % en 2010 leur croissance est tombée à 4 % en 2015. Le Brésil (-3 %) et la Russie (-3,8 %) sont en récession.

Quant aux pays développés leur croissance restera limitée. Elle est même atténuée par le ralentissement de la croissance des pays exportateurs de matières premières comme le Canada et la Norvège. Les Etats-Unis affichent, avec 2,6 %, une croissance honorable. La zone euro (1,5 %) est toujours à la peine, avec notamment 1,5 % pour l’Allemagne, 1,2 % pour la France, 0,8% pour l’Italie… et 3,1% pour l’Espagne qui, elle, rebondit.

Exit le Saint Graal de l’expansion mondiale

Pour la plupart des analystes il s’agit de funestes prévisions, mais ces nouvelles tendances mondiales ne viennent-elles pas signifier que le système a atteint ses limites ?
« Le Saint Graal d’une expansion mondiale robuste et synchronisée reste hors de portée » affirmait Maurice Obstfeld, lors de l’assemblée générale le 6 octobre à Lima. Il serait peut-être temps de changer de Graal ? D’abandonner l’idéologie de la croissance, pour passer d’une civilisation du feu de paille à celle de la combustion lente et contrôlée…


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