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Le gouvernement signe cinq permis de forages pétroliers

Ségolène Royal et Emmanuel Macron ont signé, le 21 septembre 2015, des arrêtés ministériels octroyant cinq permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux. A deux mois à peine de la COP21 !

Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, et Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, ont accordé, le 21 septembre, trois nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux en Ile-de-France. Ces concessions, situées à Champfolie (Seine-et-Marne), Estheria (Marne) et Herbsheim (Bas-Rhin), ont pour bénéficiaires respectifs les entreprises Vermilion, Lundin et Bluebach. Les ministres ont également co-signé un accord pour prolonger deux autres permis jusqu’à fin 2018, à Bleue Lorraine (Moselle) et dans les « eaux profondes » au large de l’Ile Juan de Nova (en terres australes et antarctiques françaises – TAAF).

À deux mois à peine de la Conférence mondiale sur le climat (COP21), ces décisions ministérielles font un pied de nez aux discours sur l’urgence climatique. Elles sont en totale contradiction avec les recommandations(1) des scientifiques qui ont établi qu’il fallait geler 80 % des réserves d’énergie fossile (pétrole, charbon et gaz) pour avoir une chance de ne pas dépasser les 2° C de réchauffement climatique d’ici 2050.

Et demain, l’extraction du gaz de schiste ?

Continuer d’explorer les hydrocarbures n’augure rien de bon, d’autant plus que le Code minier ne distingue pas les hydrocarbures conventionnels (sans fracturation) des non conventionnels. Tout permis obtenu aujourd’hui sera valide encore dans quatre ou cinq ans. Sachant qu’un permis de recherche est transformé de façon quasi-automatique en une concession (exploitation) et que le Code minier actuel ne permet pas à un gouvernement de revenir sur un permis de recherche préalablement octroyé… On peut craindre que ces permis ne soient une porte ouverte pour l’extraction du gaz de schiste qui se verrait autorisée à la faveur d’une révision future de la législation qui interdit – pour le moment – l’utilisation de la fracturation hydraulique(2).

« Mme Royal ne peut tirer le signal d’alarme du dérèglement climatique d’une main et ouvrir les vannes de l’exploration des gaz de schiste de l’autre main », précise Mounir Satouri, président du groupe Europe Ecologie – Les Verts (EELV) au Conseil régional d’Ile-de-France, dans un communiqué dénonçant le récent accord. « En plus des risques de pollution immédiate, tous les experts du climat nous disent que si nous voulons gagner la lutte contre le dérèglement climatique, il faut laisser les hydrocarbures dans les sous-sols » ajoute Mounir Satouri.

Une vingtaine d’ONG, d’associations et de collectifs ont signé un appel dans lequel ils demandent « que le gouvernement annule les permis qu’il vient de délivrer et mette fin à la prospection pétrolière, gazière et charbonnière sur le territoire. Pour que les discours sur l’urgence climatique ne restent plus sans lendemain. »

Discours qui ne font plus illusion, tout comme les promesses de François Hollande et des négociateurs français d’obtenir un « accord historique » à Paris et de « tout faire » pour rester en deçà des 2 °C…

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(1) Voir ci-joint PDF de l’étude Unburnable Carbon : Are the world’s financial markets carrying a carbon bubble ? publiée en 2012 par l’ONG britannique Carbon Tracker.
Ce rapport s’appuie sur les données de l’étude du Potsdam Institute for Climate Impact Research qui établit que pour avoir de sérieuses chances de ne pas dépasser 2°C de réchauffement global, il ne faudrait pas émettre plus de 886 gigatonnes de carbone entre 2000 et 2050. Ce budget global de carbone est déjà largement entamé puisqu’il ne reste plus que 565 gigatonnes de CO2 pour les 40 années à venir. Il ne faudrait donc pas émettre plus de 565 gigatonnes de CO2 ou équivalents CO2 d’ici à 2050 pour ne pas dépasser la barre fatidique des 2°C. La combustion de toutes les réserves prouvées de pétrole, charbon et gaz de la planète engendrerait 2795 gigatonnes de CO2, soit cinq fois plus ! Si l’on veut respecter les préconisations des scientifiques, ce sont donc 80% de ces réserves qui ne doivent pas être extraites et consommées.
(2) Cette technique d’extraction a été bannie par la loi du 13 juillet 2011 pour ses effets dévastateurs sur l’environnement.

 

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